On ne répètera jamais assez que la Comédie Télévisée Anglaise (tout en majuscule pour plus de respect) est sans aucun doute la meilleure de toutes. On peut ne pas la saisir (elle est effectivement assez hermétique), on peut avoir du mal à la digérer (elle n’est pas la plus fine), on peut ne pas la comprendre (les dialogues sont généralement pleins de jeux de mots et d’argot), on peut même ne pas la connaître (il y a eu très peu de diffusion chez nous en VOST, surtout pour les plus anciennes)… Mais on ne peut pas la mépriser. Jamais !
Mind Your Language, c’est une comédie toute simple au départ et finalement très riche. Le sujet tient en une ligne : un groupe d’étrangers des quatre coins du monde sont inscrits à un cours du soir pour apprendre à parler correctement anglais et nous suivons dans chaque épisode l’une de ces séances. Tous ces étudiants parlent un anglais minimal et ne montrent aucun signe de progrès dans leur maîtrise de la langue. La prononciation, les expressions et les jeux de mots les induisent en erreur et ils accumulent les contresens.
Chacun des élèves du jeune professeur Jeremy Brown (Barry Evans de Doctor in the House et Doctor at Large) caricature franchement une nationalité sans lésiner sur les clichés. Mais au final, ce n’est jamais de leurs coutumes ou de leurs cultures dont on se moque, mais de la société anglaise qui apparaît certes comme très accueillante pour les étrangers, mais surtout rigide et peu perméable, difficile à assimiler et ne facilitant pas l’intégration. Ces émigrants sont comme ils sont et au fil des trois saisons de la série ils ne vont pas changer. Il se dégage des épisodes une morale assez rafraîchissante aujourd’hui : les étrangers ne sont pas comme nous, ils ne parlent pas et ne pensent pas comme nous et oui, c’est irritant, ça paraît anormal, c’est même un peu humiliant, mais ça ne les diminue pas moins. Ainsi, ces étudiants franchement peu doués et probablement pas très malins non plus se montrent aussi inventifs et pleins de ressources quand il s’agit de solidarité qu’ils sont beats et idiots devant les questions de leur professeur.
Bien sûr, deux bon tiers de l’humour tiennent dans les jeux de mots et les malentendus, mais c’est toujours très compréhensible, justement parce que les personnages ont un niveau d’anglais très bas. Comme c’est anglais et parce que c’est d’une autre époque, ça frise souvent le pas correct du tout. On peut hausser franchement les sourcils par exemple en voyant les rixes qui opposent l’indien et le pakistanais. En fait, la série sera justement annulée après sa troisième saison pour cette raison, car jugée comme présentant des stéréotypes offensants. Elle sera toutefois reprise pour une quatrième saison dans les années 1980, par une autre société de production et avec une autre distribution.
Vous devinerez facilement certaines nationalités des cancres de monsieur Brown au nom de leurs interprètes. George Camiller ; Jacki Harding, Ricardo Montez (très drôle), Albert Moses, Robert Lee, Kevork Malikyan, Jamila Massey (excellente et qui a rejoint récemment dans Coronation Street, après avoir joué dans EastEnders), Françoise Pascal, Dino Shafeek (de It Ain’t Half Hot Mum) et Pik Sen Lim (une longue carrière de comédie). Ce sont les principaux. Deux autres élèves sont introduits dans la saison deux, qui déstabilisent un peu l’ensemble et disparaissent dés la saison suivante. Et il y a encore dans le “staff” de l’école. Ce sont Zara Nutley (Never the Twain), Tommy Godfrey (Love Thy Neighbour) et Iris Sadler.
L’écriture n’est pas très sophistiquée (il n’y a pas d’intrigue qui tienne plus de dix secondes), mais c’est très sympathique, bien fait et le sourire est garanti à chaque épisode, voire l’éclat de rire. Toutes les trois saisons « originales » sont réalisées par Stuart Allen, qui fut producteur et réalisateur sur de nombreuses autres comédies, de All Gas and Gaiters à Bottle Boys en passant par la célèbre On the Buses.
Si vous ne supportez pas la comédie anglaise trop trash, choisissez celle-ci. Elle est toute familiale, très agréable et prenante. Et si vous cherchez un cadeau original pour un professeur d’anglais…
J.B.


November 23rd, 2011
Joey
Cette série de 1961 a quelques traits de ressemblance avec Magnum P.I, la série culte qui débutera vingt ans plus tard. D’abord parce que son action se déroule, elle aussi, sous les palmiers et le soleil qui va avec sous les tropiques et ensuite parce que les personnages principaux sont deux vétérans de l’armée (ils ont fait la guerre de Corée). Et puis c’est tout. Parce que cette série est, phénomène assez étrange et oublié aujourd’hui, le remplacement pur et simple d’une autre série, mais avec les mêmes acteurs dans des rôles totalement différents. Entre octobre 1960 et février 1961, Ralph Taeger et James Coburn étaient les vedettes d’une série western intitulée Klondike, interrompue après dix-sept épisodes. Deux semaines seulement après le dernier épisode de Klondike, les deux acteurs sont à nouveau à l’écran, interprétant cette fois deux détectives privés. Ce nouveau programme aura finalement moins de succès que le précédent puisqu’il ne durera que huit épisodes (au format demi-heure).
Shannon, c’est tout simplement le premier détective privé gadgétisé, et pourrait à la fois passer pour l’ancêtre du fameux Inspecteur Gadget et l’inspirateur lointain de Knight Rider (K2000). La série qui le met en scène démarre en octobre 1961 sur NBC et c’est une création de John Hawkins, produite par Robert Spark et Jerry Briskin (qui produira ensuite les séries d’Irwin Allen).
Et donc, pour mener ses enquêtes ou déjouer les attaques, Shannon a une super voiture, une Buick spécialement équipée avec – tenez vous bien – un téléphone à bord (qui nécessite une antenne de trois mètres sur le toit, des caméras, des magnétophones et même des mitraillettes.
Le principe de cette comédie qui débute en 1967 sur le réseau CBS, c’est le coup du petit gars qui se retrouve du jour au lendemain dans la peau du sauveur de l’humanité sans avoir rien demandé, le freluquet qui se pose (malgré lui) en dernier rempart contre l’apocalypse.
Donc, voici le pompiste désigné volontaire pour servir son gouvernement et chargé de protéger le monde libre des terribles périls qui s’abattent dessus toutes les semaines, grâce à ses super pouvoirs. Mais ceux-ci ne durant qu’une heure, et Stanley n’étant pas une flèche, ses interventions partent de travers à chaque fois, quand ce n’est pas lui qui les sabote maladroitement. Il y a eu dix-sept épisodes seulement produits, mais quatre d’entre eux mis bout à bout furent diffusés au cinéma sous le titre The Pill Caper. Le programme a par la suite été très peu rediffusé
Stephen Strimpell interprète le super imbécile. Il n’a plus beaucoup tourné ensuite, mais a poursuivi sa carrière comme professeur d’Art Dramatique. Il a à ses côtés Richard (Dick) Gautier qui a prêté sa voix à plein de personnages de dessins animés, Paul Smith qui sera plus tard dans Doris Day in… et John McGiver qu’on reverra dans The Jimmy Stewart Show. Le pilote de la série avait été tourné avec Alan Young en vedette (de Mister Ed).

Mind Your Language
Acapulco
Shannon
Mister Terrific
Buckskin

